Pourquoi faire du vélo ne s'oublie pas ?
Faire du vélo ne s’oublie presque jamais, et cela s’explique très bien par les neurosciences. En réalité, faire du vélo ne repose pas principalement sur la mémoire consciente, celle qui permet de réciter une date ou de se souvenir d’un prénom. Cette compétence appartient surtout à ce qu’on appelle la mémoire procédurale : la mémoire des gestes, des automatismes et des habitudes motrices.
Quand un enfant apprend à faire du vélo, son cerveau passe d’abord par une phase très coûteuse en attention. Il doit penser à tout en même temps : pédaler, tenir le guidon, regarder devant, corriger l’équilibre, freiner au bon moment. Au début, le cortex préfrontal, impliqué dans l’attention et le contrôle conscient, est très sollicité. Mais à force de répétitions, le cerveau va “compresser” cette compétence. Autrement dit, il transforme une suite d’actions conscientes en programme moteur automatique.
Ce programme est stocké et affiné dans plusieurs régions profondes du cerveau. Les ganglions de la base jouent un rôle central dans l’apprentissage des habitudes motrices. Ils aident à sélectionner les bons gestes et à les rendre fluides. Le cervelet, lui, est essentiel pour l’équilibre, la coordination et la correction des erreurs. C’est lui qui compare en permanence ce que le corps voulait faire et ce qu’il a réellement fait. À chaque petit déséquilibre, il ajuste. Avec l’entraînement, ces corrections deviennent extrêmement rapides, presque invisibles.
Il faut aussi parler de plasticité cérébrale. Quand on répète souvent un geste, les connexions entre neurones impliquées dans ce geste se renforcent. Les circuits nerveux deviennent plus efficaces. Certains chercheurs parlent de “traces motrices” très robustes. Une fois consolidées, elles résistent remarquablement bien au temps. C’est pour cela qu’après des années sans pratiquer, une personne remonte sur un vélo et retrouve assez vite ses sensations. Elle peut être un peu rouillée, manquer d’assurance les premières minutes, mais le schéma moteur est toujours là.
Le corps lui-même participe à cette mémoire. Les informations provenant des muscles, des articulations, de l’oreille interne et de la vision alimentent en permanence le cerveau. Ce dialogue entre cerveau et corps permet de réactiver très vite les automatismes anciens.
En somme, si le vélo ne s’oublie pas, c’est parce que cette aptitude est gravée non dans la mémoire des faits, fragile et facilement effaçable, mais dans les réseaux profonds de la mémoire motrice. Et une fois que le cerveau a appris à équilibrer un corps en mouvement sur deux roues, il considère, d’une certaine manière, que c’est une solution trop précieuse pour être perdue.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
You May Also Like

Por el Placer de Vivir con el Dr. Cesar Lozano
Uforia Podcasts

Commune with Jeff Krasno
Commune

The Real Truth About Health Free 17 Day Live Online Conference Podcast
Lloyd Burrell, Keith Block M.D., Jeffrey Smith, Michael Klaper M.D., Ralph Moss, Brenda Davis R.D., Mark Sloan, Gerald Posner, Ian Harris M.D., Neil Barnard M.D., Will Tuttle Ph.D., John McDougall M.D., Pam Popper Ph.D., Gabriel Cousens M.D., Brian Clement Ph.D., Anna Maria Clement Ph.D., Marianne W

I Choose Me with Jennie Garth
iHeartPodcasts

Strictly Anonymous Confessions
Kathy Kay

The Body Pod
Hailey Happens Fitness + Love By Laura

IN HINDZSIGHT
HINDZ

Calming Anxiety | Guided Meditation, Sleep Hypnosis & Panic Attack Relief
Martin Hewlett - Calming Anxiety

ASMR Rain Sounds
Audiobooks

Thunderstorm Ambience
Sol Good Media
Community discussion